École du futur : l’échec scolaire

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posée par christin Batracien fou (295 points) 20-Avril-2018 dans Education
recatégorisées par Flo.Cuvellier 26-Juin-2018
Je me suis procuré quelques accessoires d’enfant – petit seau, petite pelle, petit râteau et petit tamis pour faire le tri. J’ai commencé à déménager l’Everest pour le mettre au milieu du Sahara. Ça fera joli, je trouve. Qui veut me rejoindre ? Ici, on s’amuse à rêver !

Habituellement, quand on parle d’échec scolaire, on parle d’un enfant ou d’un ado qui est enseveli sous 250 tonnes de sable. Le nombre d’échecs préalables de compréhension et de savoir-faire est ahurissant. Encore faut-il y regarder de près.

Le problème des analyses de l’école c’est qu’elles s’adressent à la mauvaise cible – le contenu plutôt que le contenant (l’esprit). Ce n’est pas étonnant du reste, car le système scolaire actuel prend sa source dans une époque où les autorités ne considéraient guère la piétaille, la populace, enfin, le petit peuple, les petites gens. Il y avait les « sachants » et les « obéissants ». Les premiers dirigeaient les seconds qui devaient obéir. Les « notables » et les « non-notables ».

L’échec scolaire est engendré automatiquement par la rigidité du programme scolaire et par la rigidité de la méthode. C’est incompatible avec la manière de travailler d’un esprit. Oh rien de mystique, il suffit d’observer la vie. Chacun d’eux a un point de vue, lequel repose sur beaucoup d’expérience, un ou des milieux de vie, un environnement social – beaucoup de bagages déjà ; il y a l’amour, les quantités d’amour envers les choses, les activités, les animaux, les plantes, les gens, etc., tout cela varie d’individu à individu, cela varie en intensité et en sélection – un esprit possède un pouvoir de choix ; si on le lui retire, l’esprit s’abîme, se flétrit comme une fleur qui manque d’eau. Il y a la créativité, l’aptitude de l’esprit à former des images, des idées, de la beauté ou de la laideur, concevoir de nouvelles choses. Il y a les perceptions, physiques ou non, par lesquelles l’être acquiert ou reçoit des données de l’environnement. L’esprit fait des choses avec ces données, imagine diverses choses, agit ; il évalue les données, décide de leur importance, selon son point de vue, son expérience, ses objectifs, son métier ou le métier qu’il veut faire, et j’en oublie. Un esprit est un univers à part. Un autre esprit aura un autre univers à part, bien à lui, et ainsi de suite.

Alors vous allez me dire qu’il est impossible de prendre tout cela en considération dans l’éducation. C’est vrai, alors faisons confiance à cet esprit et cet esprit et cet esprit. Donnons-leur des outils avec lesquels ils forgeront leur vie. Rendons-les autonomes le plus rapidement possible et faisons-leur confiance.

Et l’échec scolaire dans tout ça ? Eh bien, définissons-le par rapport à la vie réelle. Il est à l’école pour apprendre. S’il veut apprendre et qu’il n’y parvient pas, c’est un échec. Précisons cela. S’il ne comprend pas une donnée importante qu’il devrait comprendre, il aura un échec si on le laisse passer à l’étape suivante. Tant qu’il se confronte à la difficulté, il est en train de résoudre un problème, ce qui est normal, il est là pour ça. S’il passe à autre chose en abandonnant, il a un échec de compréhension.

Pareillement pour le savoir-faire. Il est en train de s’exercer à une certaine action afin d’acquérir un savoir-faire précis. Il n’y parvient pas ou n’y parvient que très moyennement. Il passe à l’étape suivante et se vautre lamentablement ; il est désemparé ; il sent qu’il n’y arrive pas. C’est un échec. Tant qu’il se confronte à la difficulté de l’exercice sur lequel il est, il n’a pas d’échec. Un autre élève ou un professeur peut l’encourager à persévérer et il va y arriver en insistant un peu ou beaucoup.

Si l’on considère un cours (une matière) comme une suite logique et progressive d’étapes de compréhension et de savoir-faire, nous pouvons nous assurer que chaque élève acquiert des certitudes sous forme d’acquis – des choses qu’il sait, comprend bien et qu’il sait très bien faire. On coupe l'échec à la racine.

1 Réponse

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répondu par Trenty Batracien fou (298 points) 26-Mai-2018
Dans le cas où l'élève ne veut pas apprendre, doit on considérer qu'il échoue ou que c'est un échec du professeur ?
J'aurais tendance à dire que c'est un échec du professeur, mais comment faire pour ne pas laisser cet élève sans apprentissage (même si l'être humain apprend toujours).

Dans cet vision des choses, le professeur n'est plus un instructeur qui inculque sont savoir, mais un facilitateur à la recherche personnel. (j'ai bon ?)
commentée par christin Batracien fou (295 points) 26-Mai-2018
Déjà, c'est rare qu'un élève ne veuille rien apprendre, je pense. Et puis maintenant, il y a suffisamment d'expérience dans le corps enseignant. On a internet, on a un tas de sujets éducatifs qui peuvent attirer l'intérêt. Je ne crois pas que ce soit un gros problème. De toute façon on ne peut pas forcer quelqu'un qui ne veut vraiment pas apprendre. Ce n'est pas normal et il faut découvrir pourquoi. Peut être que les cours qu'on lui propose sont juste insipides (pas faux). Mais oui tu as raison sur le facilitateur à la recherche personnelle.
commentée par Trenty Batracien fou (298 points) 26-Mai-2018
Je me suis posé la question d'une école démocratique pour mes filles.
Et malgré le fait que ma fille est Précoce (avec d'autre neuro-diversité), elle a une tendance à aller au plus simple, aux jeux, aux copains.

Elle n'est pas intéressé par ce que l'on apprend à l'école.
Et j'ai peur qu'elle ne cherche pas à apprendre quoi que ce soit dans une école où on lui laisse le champ libre.

Alors oui, elle est intéressé par une chose (les comportements sociaux), elle pose plein de question dessus ça.

Peut-être que dans une école comme ça, elle pourrait se pencher sur la psychologie, ou la sociologie.
Mais encore faudrait-il qu'on lui en montre l’intérêt et qu'on la titille sur le sujet (avoir un guide).
De là, peut-être qu'elle apprendrait la lecture, l’écriture, les maths qui sont utile dans la vie et qu'elle en comprendrais l'utilité.
Mais je ne sais pas.
Peut-être que je projette ma peur de l'échec sur elle.
commentée par christin Batracien fou (295 points) 26-Mai-2018
edité par christin 26-Mai-2018
Vous avez raison, elle n'arrête pas d'apprendre en jouant. Elle apprend la vie, probablement. Et franchement, vous seriez intéressé par ce qu'on apprend à l'école? Moi pas. Il y a tellement de chose plus intéressantes et plus importantes à apprendre hors du système. Le problème des gens hors norme, c'est que la société les rejette. C'est moins vrai aujourd'hui qu'il y a cinquante ans, mais ça reste dur. Au moins on accepte la condition de "surdoué" et il existe des associations qui conseillent d'expérience.
Etant donné que je n'ai jamais été confronté à cela (jamais été père)  je ne pourrais vous conseiller. Je crois que vous êtes un papa attentionné et que votre fille a déjà beaucoup de chance. Je n'ai pas tous les éléments, mais je ne vois vraiment pas pourquoi elle raterait sa vie.
Si vous lisez mes articles dans la section "enthousiasme" sur l'animisme et l'esprit humain, peut-être que vous trouverez des choses utiles ?
commentée par Trenty Batracien fou (298 points) 27-Mai-2018
Je ne pense pas qu'elle ratera sa vie, tout comme je ne l'ai pas raté.

Simplement, tant que les choses n'auront pas changé, je veux lui donner les meilleurs chances.
Qu'elle soit capable de vivre dans la société.

Tient, je vais me pencher sur l'animisme (je ne connaissais pas le terme).
commentée par christin Batracien fou (295 points) 27-Mai-2018
Oui, je n'en doute vraiment pas!  Avec un papa comme vous, je  crois qu'elle a les meilleures chances.
Ce sujet de l'animisme m'amuse beaucoup. J'ai rencontré le terme le jour où quelqu'un m'a dit que j'étais animiste. J'ai regardé sur Internet et effectivement c'est bien ça. Je suis en train d'écrire un livre à ce sujet. J'ai fait  rire une cliente en lui disant que j'avais fondé le Mouvement Animiste Pragmatique dont j'étais l'unique membre et que c'était imprononçable. Elle m'a répondu, dites le MAP. Et voilà le MAP est né d'une petite discussion.
Du coup, vous me redonnez envie de publier des articles. Notamment, un petit ensemble de techniques d'apprentissage. Je m'y mets de ce pas. (J'avais arrêté faute de lecteurs.)

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